Depuis presque un an, je multiplie les rencontres, les échanges, les déplacements. Je cours de déjeuners-débats en conférences et d’apéros en visites impromptus. Quel bonheur de pouvoir s’entretenir avec autant de personnes et de pouvoir échanger nos points de vue. L’idée qui revient souvent est celle d’une volonté de vivre mieux, de prendre du plaisir dans ce que l’on fait et d’avoir la possibilité de se réinventer si l’on s’est trompé ou perdu en chemin.
Adolescent déjà, j’étais persuadé que l’on pouvait avoir plusieurs vies. Période ingrate pour moi, comme pour tant d’autres, ma grande timidité et mon physique imposant me pourrissaient la vie. Chaque soir, je me couchais avec l’idée qu’une fois adulte je pourrais changer tout ca.
Les années ont passé et je suis rapidement rentré dans la vie active. Loyers, factures, impôts, vie en couple, achat de maison … parcours classique du français moyen pendant une dizaine d’années. Un boulot qui ressemble de plus en plus à un travail à la chaine, une hiérarchie de plus en plus pesante, … mais on encaisse tout ca, parce que à coté on économise pour pouvoir rembourser les traites et espérer se payer un joli voyage. Ca aurait pu continuer longtemps mais deux événements vont complétement bouleverser tout ca!
Le premier: le cancer de ma mère. Deux ans de lutte acharnée à ses cotés presque tous les jours … en vain. Je me rend compte de la fragilité de vie. Rien n’est éternel et tout peut vous être arraché en une fraction de seconde. Mon rapport aux autres change. Depuis je multiplie et savoure chaque moment passé avec mes proches. Le bonheur est là!
Le second événement découle directement du premier. Six mois après, j’ai complétement perdu goût à mon travail. Je fais sincèrement de mon mieux mais rien n’y fait. Mon directeur, qui voit ces chiffres prévisionnels en baisse, m’annonce qu’il souhaite se séparer de moi. Passé le choc de l’annonce (11 ans de maison), je prends ca comme un soulagement.
J’ai toujours été quelqu’un de plutôt optimiste et je décide de rebondir. C’est l’occasion rêvée de réorienté ma vie. L’axée sur mon bien-être et retrouver une activité qui me stimule, plus en accord avec mes centres d’intérêts. Passionné par tout ce qui touche au web, je m’inscris à mes premières conférences. Je fais mes premières rencontres. Des idées, j’en ai quelques unes en stocks et je les mets à l’épreuve. En trois mois, le projet de « Cantine Numérique » se détache clairement. La monté en puissance des apéros et l’intérêt des institutions pour le projet finissent de me décider.
Aujourd’hui, je prends un réel plaisir à monter ce projet. Je tente de créer un réseaux avec tous les acteurs du numérique sur Quimper et c’est toujours une joie de pouvoir jouer le rôle de « connecteur ».
Je me couche chaque soir la tête pleines d’idées et je me mets au travail chaque matin avec envie.
En clair, je vis mieux!
Cette expérience fait surement de moi un Génération Y comme l’expliquait Francis Boyer au mois de juin dernier à Quimper. Je sais qu’ils sont nombreux à vouloir tendre vers cet idéal. Dorénavant, je tente de partager cette expérience, d’offrir cette leçon qui m’a tant coûté. Le bonheur vient rarement à nous par hasard. Il faut aller le chercher. Prendre conscience que cela dépend surtout de nous.
Et vous, vous en êtes où?
Mercredi 20 juin, je me présente au Chapeau Rouge comme prévu pour assister au forum Finist’éco. L’affiche était alléchante. Après le bilan des chambres économiques du Finistère, nous devions avoir le droit à une intervention de Benjamin Chaminade sur la Génération Y.
Grosse déception dés le départ, pas de Chaminade à Quimper! C’est son associé, Francis Boyer, qui va assurer l’animation de la soirée et la conférence. Bien sympathique, je le trouve un peu moins charismatique que Benjamin, que j’ai eu la chance de voir à Lorient l’année dernière.
Commence le bilan et c’est sans surprise que l’impasse est faite sur le secteur tertiaire. Le numérique est l’un des secteurs qui crée le plus d’emploi en France. L’activité est-elle si insignifiante que ça dans le Finistère pour se permettre de faire l’impasse dessus? Étonnant!
Ensuite place à la conférence! Monsieur Boyer avance une vision intéressante sur la Génération Y et je m’y retrouve totalement! En faite, au delà de l’âge, c’est plus un état d’esprit d’être Y. C’est un besoin de bien-être! Plus que le salaire, cette population souhait être bien dans son travail pour être bien dans sa vie. C’est fini d’aller au boulot juste pour faire ses heures sous une lourde hiérarchie, privé de toute initiative. La génération Y veut de la confiance, du choix, de la collaboration et de la convivialité!
Puis, nous avons eu le droit à des témoignages. Un éleveur de porcins qui a fait un lipdub, un créateur de site de pari en ligne qui a perdu un de ses employés, un patron d’une usine industrielle qui a embauché un scientifique en tant que commercial (présent lui aussi) et Jean-Guy Le Floch, le patron d’Armor Lux.
… et ils sont où les Y?
Le lipdub a bien plu à tout le monde. Le créateur de site explique que son employé est parti pour une grosse boite où il fait moins d’heures avec un meilleur salaire mais en contrepartie d’un boulot moins intéressant. L’industriel, après un Power Point à faire dormir un insomniaque (pleins de pages, pleins de textes et que je te lis tout ca!), détail la rencontre avec son futur employé sans nous expliquer pourquoi il l’a embauché. Pour finir, Monsieur Le Floch nous rappel qu’il a du mal à trouver des couturières et qu’il à perdu 2 collaboratrices partie rejoindre leurs hommes ailleurs.
… et ils sont où les Y? Elle est où la recherche de confiance, de créativité, d’épanouissement?
On en arrive finalement aux questions/interventions du public! Rien de pertinent. On a eu le droit à des remarques sur le fait que les écoles ne forment pas aux métiers qui embauchent. En face, la réponse est qu’il est difficile aux élèves d’avoir accès aux entreprises. On tourne en rond quoi!
Et puis soudain, rentre en jeu mon champion! Un patron syndicaliste (il s’est présenté comme ca) qui beugle que « les jeunes ne respectent plus rien ». « Il n’y a qu’à leur retirer leur chômage et ils seront bien obligé d’aller bosser! ».
Commençons par la notion de respect! Râler pendant toute la présentation de Francis Boyer et demander des explications qui ont déjà étaient données (Pas multitâches le gars, il n’arrive pas à râler et écouter en même temps!), ca s’appelle comment?
Ensuite, la génération Y n’est pas forcement jeune et au chômage. Être Y est un état d’esprit! (Il a vraiment rien suivi celui là!!!!) Et puis les Y, vous croyez qu’ils vont attendre que vous changiez messieurs les patrons? Moi j’en rencontre tous les jours, ils sont auto-entrepreneurs, indépendants, porteurs de projet, chefs d’entreprise … et heureux! C’est pas une population qui se la coule douce, affalée dans le canapé, en espérant un coup de fil de l’ANPE!!!!
En y repensant, j’aurais du prendre la parole et lui coller ses quatre vérités à celui là! Ca m’a tellement travaillé que je me suis senti obligé de vous en parler.
Et vous, vous êtes Y ou pas? J’aimerais connaitre votre avis! Si Monsieur Boyer passe pas là, votre point de vue sur la soirée m’intéresse aussi!