De Détroit à Quimper

Comme une grande partie de geek, j’ai toujours un œil sur ce qui se passe aux États Unis. Je surveille les nouvelles tendances dans la Silicon Valley, San Francisco, Los Angeles , New York … et je garde un regard très attentif sur Détroit.

Motor City est au sommet de sa gloire à la fin de la seconde guerre mondiale en devenant le berceau de l’automobile US. A l’époque, l’usine Ford emploie à elle seule 90 000 salariés. Au cours des décennies suivantes, les constructeurs quittent petit à petit Détroit. Le chômage grandit, la population diminue mais le pire est encore à venir. La crise financière de 2008 met de nombreux habitants à la rue. La ville se meurt, le centre-ville se vide, le chômage explose et le services publics se dégradent. Les autorités n’ont d’autre choix que de se déclarer en faillite avec 18 milliards de dollars de dette.

La bonne nouvelle, c’est que Détroit se reconstruit. C’est encore fébrile mais une dynamique semble enclenchée. La ville est devenue le fer de lance du « Do it yourself » (fais-le toi même), une nouvelle manière collaborative et durable de vivre et penser la communauté. Véritable laboratoire à ciel ouvert, les « DOers » (ceux qui font) sont en train d’y créer une société post-industrielle. Les fermes urbaines fleurissent dans tous les quartiers afin de nourrir tout le monde sainement à un tarif correct. Les voitures disparaissent au profit des vélos devant la montée du prix de l’essence.  Des programmes d’entraide collaborative sont mis en place afin d’isoler les maisons. Les FabLabs permettent la réutilisation des technologies pour la fabrication. Des espaces de coworking sont mis en place et favorisent une dynamique économique via l’échange et le partage.

Crédit photo : blog-a-vifs.org
Crédit photo : blog-a-vifs.org

Je suis geek, mais aussi breton. Il m’est difficile de ne pas faire un parallèle avec Quimper et mon Finistère, fortement dépendant des secteurs primaires comme l’agro-alimentaire. Les entreprises, même les plus grosses, ne cessent d’annoncer des fermetures ou des plans de licenciements. Il ne faut pas oublier la pêche non plus. Entre 1997 et 2006, la filière à perdu plus de 30% de ses effectifs et 1/3 de ses navires (chiffres INSEE) pour une production de presque 30% de la valeur de la pêche fraîche débarquée en France. Les modèles économiques sont à revoir.

Aujourd’hui, je suis inquiet. Ne serait-il pas temps de revoir notre copie ? Repenser le territoire en terme d’activité, de production, de consommation, de déplacement, … . Sans vouloir tout révolutionner du jour au lendemain, on pourrait mettre en place des zones de test. Essayer plusieurs recettes pour dupliquer les meilleures ensuite. Je vais donner l’impression de prêcher pour ma paroisse mais le numérique a permis la création de 700 000 emplois (directs, indirects et induits) en France en l’espace de 15 ans, soit un quart des créations nettes d’emplois sur cette période (Wikipedia). Il y a peut être des choses à faire ?

L’idée de cet article me trottait dans la tête depuis longtemps. Loin de moi l’idée de surfer sur la vague de l’actualité ou de vouloir jouer les moralisateurs. Pour changer les choses, il faut changer soit même et j’ai encore du travail à faire. La prise de conscience n’est probablement que le premier pas. Et si on marchait tous ensemble ?

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